Nos yeux ne perçoivent rien, c'est ce que l'on penserait. En vérité, on rêve. On voit, on ressent, on vit. On a ces impressions. Jusqu'à ce que ce petit rayon de lumière, ce petit bruit ou cette voix douce finisse par achever notre sommeil. Alors on se souvient de ce moment imaginaire que l'on a passé pendant une partie de la nuit, de ce rêve, de ce cauchemar. Ou alors on ne se souvient de rien, et on se contente d'apprécier la chaleur du corps juste à coté de nous. On continue de penser, tout doucement et on remarque peu à peu qu'il manque quelque chose. Non pas spécialement à cet instant même, mais à d'autres moments. Et donc ce n'est pas un rêve. On repense aux minutes où l'on était isolé dans sa petite chambre, où l'on rêvait, encore. On sourait, dans le vide, au mur, à Mimine qui nous regardait de ses grands yeux ronds. On aspirait, on espérait, on attendait. Et même au présent. Mais ça ne vient pas, ça se laisse attendre, sûr que ça ne se manifestera même pas. Mais on guette, on incite, on titille, on s'impatiente... on espère, encore. Puis on s'habitue comme on peu s'habituer à à peu près tout. On cherche, on y croit. Et avec le temps tout fini par se compliquer. On ne sait plus, on ne veut plus. On sait, on veut. Aveuglement, crédulité, imbécilité ? On s'en fiche et on se voit reposer un pavet sur le chemin. Parce-que l'on a trouvé quelque chose auquel se raccrocher, et que l'on souhaite continuer dans cette direction. Mais... qui est l'autre ? Ca fait un bout de temps qu'on le sait tout près, surveillant, sans s'imposer. C'est certain, on l'a déjà vu auparavant. On l'a entendu, et touché, aussi. Et si c'était lui ce manque... ? S'il attendait, espérait, titillait ? A nouveau, on ne sait plus.

